La fin du monde, une rétrospective
                                                                            

Fillon Crush saga

Hier, Paris 20ème, un groupe de jeunes privilégiés-issus-de-la-non-diversité « parle politique ». La perspective de se taper cinq ans de Fillon horrifie deux d’entre eux. Le troisième, fin analyste, leur répond: « Moi je préfère Fillon à Hollande. J’en peux plus de Hollande, je me tape pas cinq ans de Hollande de plus. Au moins ça change. »

Je ne vais pas développer tout ce que cette réflexion a de profondément fulgurant, vous l’avez probablement déjà fait vous-mêmes. Que l’une des deux autres ne lui ait pas mis immédiatement sa main dans la gueule ne serait-ce que parce qu’elle est une femme, cela démontre une capacité à la retenue qui force le respect. Qu’il estime qu’il en a vraiment bavé sous Hollande est la preuve éclatante de son acuité politique, vu l’habileté dissimulatrice avec laquelle le PS a causé les pires ravages à l’encontre des jeunes privilégiés-issus-de-la-non-diversité.

Mais surtout, ce qui m’a le plus fasciné, c’est le « au moins ça change ». C’est là que j’ai pris conscience du fossé générationnel qui nous séparait. J’étais face à un Digital Native qui me démontrait que ma façon d’appréhender le monde était définitivement dépassée. Jamais je n’avais envisagé Fillon sous cet angle-là: le Candy Crush de la génération Angry Birds. L’iPhone 7 de la génération iPhone 5. On ne dit pas que Candy Crush c’est bien, mais bon: ça change, on n’en peut plus de jouer à Angry Birds. Du moment qu’il y a un truc nouveau à télécharger.

On est mal barré. Mais vraiment. Parce que débattre, argumenter, convaincre des gens dont la vision politique est l’équivalent pour êtres humains d’agiter un nouveau truc brillant devant un chat — même si le chat sait d’avance (ou va bientôt se rendre compte) qu’il n’a aucune passion durable pour le papier aluminium — ça va être dur.

Ça va être très dur.

Fillon Crush saga