La fin du monde, une rétrospective
                                                                            

Pascal est un con (oui, ce Pascal là, oui)

Abus Dangereux, octobre 1992Il y a un truc vraiment lassant avec les religions, mais vraiment lassant. Ou disons plutôt avec les conversations et les débats sur les religions, dont on s’était à peu près débarrassé jusqu’il y a peu, ce qui tombait bien puisqu’on s’en foutait complètement et que pour nous le problème était dépassé, date de péremption explosée. Ça fait longtemps qu’on a réglé le problème de manière définitive. Je ne comprends pas pourquoi, de nos jours, autant de gens pensent que ça m’intéresse suffisamment pour qu’ils me tiennent la jambe pendant des heures avec ce sujet puéril.

Non, je n’ai pas d’ami imaginaire, désolé. Je sais que c’est sympa d’avoir un ami imaginaire à quatre ans, mais passé un certain âge, normalement, on s’intéresse au cul, à la modification de la perception et de la conscience par des moyens chimiques, et de temps en temps à la philosophie quand on est en descente. Mais pas à son doudou. C’est nul. Ou alors ils n’ont pas essayé les mêmes trucs que moi. Je dis ça mais au fond, je sais pourquoi: par un tour de passe-passe assez acrobatique, ils veulent me signifier qu’ils ont peut-être un doudou, mais qu’ils ont la supériorité morale. Et la grosse erreur, c’est d’essayer d’argumenter sur ce point. Ou sur n’importe quel point, d’ailleurs. Je suis prêt à accepter une déficience morale rédhibitoire, à m’en faire un t-shirt, à porter une pancarte, s’ils sont prêts à accepter qu’ils ont, eux, une déficience rationnelle rédhibitoire. Auquel cas, désolé, mais je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps à argumenter avec des déficients de la rationalité. Donc merci, et au revoir.

Le pire, c’est qu’en écrivant ça, je perds mon temps à nouveau. Alors que mon ami Michel Desangles (ami non imaginaire, je tiens à le préciser) avait réglé et résumé le problème de manière définitive en octobre 1992 dans son magazine « Abus Dangereux ». Ce n’est pas resté dans les annales, et pourtant ça aurait dû. Tout était dit. Maintenant laissez-moi tranquille avec mon infériorité morale dans laquelle je me complais — vous n’imaginez pas combien. D’ailleurs je vais reprendre de ce truc.

LE PARI DE PASCAL
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LE PARI DE DESANGLES
 
Dieu existe
Dieu n’existe pas
  —  
Dieu existe
Dieu n’existe pas
J’y crois
J’ai eu raison
Ce n’est pas grave
 —
J’y crois
Tant mieux
J’ai l’air con
Je n’y crois pas
Je suis puni
Ce n’est pas grave
 —
Je n’y crois pas
Il me pardonne, il est infiniment bon
J’ai eu raison
Le seul gain possible est dans la ligne « J’y crois ». Le seul gain possible est dans la ligne « Je n’y crois pas ».

 

La version originale

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