Bolsonaro n’est rien

Si j’essayais de dessiner Bolsonaro ? Et là je me rends compte (cauchemar de caricaturiste médiocre) que plastiquement, Bolsonaro n’est rien. Juste des sourcils furieux. Le reste, l’uniforme, les bottes à clous, on l’extrapole. Sinon quoi ? Il est bien peigné, avec un nez agressif. La quintessence du fascisme : un type méchant looké comme doivent être lookés les méchants, un pur concept. Ça ne me rassure pas du tout, car je ne doute pas une seconde qu’un fasciste déjà lui-même si a-singularisé n’ait aucun scrupule à a-singulariser et déshumaniser tout le monde. Il lui sera certainement plus facile de modeler la société brésilienne à son image, n’ayant aucune image, qu’il est facile pour Trump de modeler la société américaine à son image, avec ses cheveux que l’on ne peut que définir comme singuliers, quand bien même ils seraient bien peignés. Tout de suite, avec Trump, c’est plus tendu. Tu attends quand même des arguments complémentaires furieusement convaincants avant de te ruer chez le coloriste.

J’ai donc estimé que les sourcils suffisaient amplement.